BULLETIN MUNICIPAL Numéro 33, janvier 2018, Commission Communication - page 27

donc maçons, peintres et alchimistes. Ces artistes ont laissé
derrière eux une multitude de ces cadrans.
Le département des Hautes-Alpes on a recensé plus de 400
encore intacts, soit la plus grande concentration en France, alors
que Paris et la Charente-Maritime en comptent 260. Cette
grosse concentration est répartie principalement dans les sept
régions proches du Briançonnais, le Buêch, le Gapençais,
l'Embrunais, Champsaur, le Quéras, Vallouise et bien sûr le
Briançonnais.
Le cadran solaire est le premier objet construit par l'homme
pour mesurer le temps et à ce titre il peut-être considéré comme
l'ancêtre de l'horloge. Les Égyptiens sont les premiers à vouloir
comprendre et maîtriser le passage du temps, dans un but
religieux, puis les Grecs trois siècles avant Jésus-Christ,
utilisent un procédé relativement simple qui divise la journée en
12 mesures inégales, du lever au coucher du soleil.
L'usage du style incliné se fait bien plus tard, vers le 13e siècle.
La gnomonique naît, science des cadrans solaires, elle devient
une branche importante de l'astronomie, étudiée par les plus
grands : chercheur, mathématicien, astronomes et philosophes.
La gnomonique était enseignée au 12e siècle en 3e année de
philosophie et de mathématiques. Le métier de gnomoniste suis
une Chartres qui réglemente la fabrication des cadrans. En 1839
l'État souhaite harmoniser les horaires, et suggère aux
communes de régler les horloges publiques sur les cadrans. Au
18e siècle le cadranier gnomoniste était répertorié dans la
catégorie de fabricant d'instruments scientifiques. Le plus connu
sans aucun doute le maître Giovanni Francesco Zarbula : peintre
fresquiste et gnomoniste. Un piémontais de Bardonecchia, et ce
même Verbula qui a été le déclic de ma planche.
Nabilla a été initié par son oncle, lui-même cadranier
gnomoniste, quand je dis initié c'est au sens propre du mot car la
plupart de ces braconniers comme je les appelle étaient presque
tous Piedmontais et Carboneri, appelés aujourd'hui Murataure.
Ils étaient seuls habilités à venir en France, munis d'un bon de
commande qui leur servait de passeport.
Ces Carbonaris étaient en étroite collaboration avec nos frères
F:. M:. et se servaient des décors des cadrans pour passer des
messages. Des deux côtés des Alpes on œuvrait pour la liberté.
Ces cadraniers un peu alchimistes avaient le souci de la
pérennité de leurs travaux, pour cela ils utilisaient des pigments
naturels pour la base des couleurs : du noir d'os calciné, de
l'ocre jaune de Provence, du rouge d'oxyde de fer, de la terre de
Sienne du vert d'oxyde de chrome.
Après un long apprentissage on initiait le cadranier
maçoniquement, douze heures de cabinet de réflexion, ce
cabinet était le plus souvent une vieille grange isolée dans la
montagne. Une fois adopté, on lui offrait ça caisse qui
comprenait : une règle, un compas, une équerre, un fil à plomb
et des couleurs.
Permettez-moi une l'anecdote, j'avais un ami et frère,
aujourd'hui parti pour l'Orient éternel, ce frère s'appelait Gérard
Chamfrey connu par certains d'entre nous, il était originaire d'un
petit village des Hautes-Alpes : Saint Chamfrey à côté
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